Le marouflage

lundi 21 janvier 2008
par  Michele
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Marouflage humide du papier sur contre-plaqué.

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Ce marouflage consiste à remouiller le papier pour l’assouplir avant de le coller sur un support plan et obtenir un papier tendu après séchage. Dessinant et manipulant ardemment le papier humide (Ingres, format raisin), j’en rends la surface bosselée. Pour la tendre je maroufle mon papier selon le protocole que je décris.

Sur mon dessin une fois sec, je protège d’abord pigments et matériaux en pulvérisant un fixatif pour pastels. Ensuite, plaçant la feuille sur une table au plateau imperméable, ici une ancienne porte de verre, j’humecte son verso avec une grosse éponge humide passée régulièrement (a). D’autre part, pendant que le papier achève de s’humecter en épaisseur, je répartis en une couche mince et régulière une colle à bois acrylique type Sader sur la surface d’un plateau de contre-plaqué du bon format, avec un petit rouleau laqueur (b).

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Les étapes du marouflage
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Encollage

Alors, en ramenant délicatement la face mouillée de la feuille sur elle même en deux ou trois plis non appuyés (c), je peux la transporter, en poser un coin sur un coin du contre-plaqué, la dérouler pour la mettre en place, la soulever pour réduire les poches et en accorder les bords avec ceux du contre-plaqué, sans insister.

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Pose de l’oeuvre
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Application au rouleau

Puis je déplace un petit rouleau à pâtisserie depuis le centre en remontant vers les bords en augmentant graduellement l’appui, en interposant entre le rouleau et le dessin une protection en papier type feuille de Sopalin (d). J’insiste sur les bords pour assurer le contact avec le contreplaqué. Une lumière rasante me permet de repérer les derniers bombements à applatir. Cet ensemble d’opérations dure de 20 à 30 minutes.

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Détail de la surface

Remarques : Le papier se dilate (environ 2% linéaires), surtout selon une direction. Après séchage je découper au cutter ce qui déborde, donc prévois ce qui peut être enlevé du tableau ou adapte le format du contre-plaqué. Les papiers même fins (90g/m2) marouflés ainsi ne se déchirent pas au séchage. Le pastel mal fixé ou l’encre sans laque migrent en partie sur la protection. Maroufler au verso du contre-plaqué un papier type papier d’apprêt d’abord humecté absorbe le cintrage.


Commentaires

Logo de moped
mardi 29 janvier 2008 à 13h55, par  moped

Bravo, mon oncle,
super les explications, ça donne envie de « maroufler » à son tour.
Continue à oeuvrer pour notre plaisir.
Moped.

Logo de jmfre
vendredi 25 janvier 2008 à 06h49, par  jmfre

Youpie !

L’art et la manière.

A tout à l’heure pour de nouvelles aventures.

Jean-Michel

Brèves

Pourquoi peindre ?

mardi 18 septembre 2007

Mettre de la couleur en taches sur une surface humide : plaisir du contact, surprise du résultat, construction où jouent hasard, nécessité, critique, inquiétude.

Utiliser le pastel qui glisse sur le papier mouillé, c’est encore frotter d’ocre le flan bombé de la parois calcaire dans la grotte.

Prendre ce que l’on aime en regardant autour de soi. Saisir toutes les propositions, paysage, maison, étal, souvenir. Les monter pour les introduire : fenêtres, reflets, miroirs, vitres, images multiples.

Garder à l’esprit que la photo fera plus ressemblant, l’intention plus navrant, la belle rencontre ou la ligne facile plus écœurant. Eviter de provoquer l’ennui.

Et faire, avec ses envies, les risques acceptés, les erreurs les limites et les insuffisances reconnues, comme pierres de base.

Jicé